mardi 20 août 2013

Saint-Christophe de Javel, une splendeur Art Déco

 
La nef vue vers l'entrée et les si curieuses rosaces.
 
 
L'entrée et le magnifique Saint-Christophe.
 
 
La nef vers le choeur.
 
 
Le campanile.
 
 
Située dans le XVème arrondissement de Paris, non loin du Pont Mirabeau, l'Eglise St-Christophe de Javel est une splendeur oubliée. Cet étonnant édifice date de 1926. C'est l'oeuvre de l'architecte Charles-Henri Besnard et des entrepreneurs Fourré et Rhodes. La construction, en tous points remarquable est en ciment moulé. Les travaux durèrent 4 ans et demi.
 
Entre les deux tours, la plus haute servant de campanile, se déploie une somptueuse dentelle ainsi qu'un fronton finement ouvragé. La partie à jour est constituée par de grands fenestrages en ciment faits de croix, de couronnes d'épines et de fleurs de lys. Chacun d'eux est surmonté des lettres A.R.T., initiales de la devise latine empruntée au Pater : "Adveniat Regnum Tuum" (Que ton règne arrive).
 
Au Moyen-Age, la pieuse confiance des fidèles envers St-Christophe était telle que l'on se croyait à l'abri de la mort subite le jour où l'on avait regardé avec foi la statue du saint géant. D'où la coutume alors très répandue de placer une statue colossale du saint à l'entrée des églises. La Cathédrale d'Amiens possède encore le sien en façade. Tous les autres ont disparu.
 
Celui qui orne la façade de Saint-Christophe de Javel est admirable. Il mesure 8,50 mètres de haut. C'est l'oeuvre de Pierre Vigoureux. Le saint est vêtu d'une courte tunique retenue à la ceinture par une corde. Ses muscles sont tendus, son buste se raidit et sa main droite s'appuie vigoureusement sur un palmier dépouillé de ses  palmes. Le gracieux personnage de l'Enfant Jésus domine l'ensemble.  Détail curieux : il ne porte pas en main le globe terrestre surmonté d'une croix, comme à l'accoutumé, mais tandis que sa main droite repose sur la tête de St-Christophe, il tient de la gauche le bord de son auréole qui fait ici double fonction.
 
Lorsque l'on pénètre dans la nef immense, l'impression est saisissante.  Ce sanctuaire, par sa grandeur, son élévation, la pureté de ses lignes, la régularité des proportions, la hardiesse de ses colonnes et la légéreté de ses arcs se rapproche de l'Art Gothique. Même si la facture en est toute moderne.
 
L'église mesure 41 m de long, 19 de large et 16,50 m sous clé de voûte. Elle compte six travées prolongées par un choeur magnifique, profond de 10 m dont le maître-autel et le pavage sont en marbre vert. L'entourage si élégant qui le sépare des chapelles et des sacristies voisines est la reproduction des grands fenestrages de la façade. La voûte est très richement décorée et  achève de donner au choeur un cachet symbolique et artistique. La voûte a été réalisée à fresque par  Henri-Marcel Magne et représente le double triomphe de St-Christophe : au ciel, parmi les anges qui exaltent son martyre et sur terre où il reçoit l'hommage des voyageurs. Le saint occupe la partie centrale de la composition. C'est un géant magnifique. La beauté de ses traits est particulièrement soignée. Il porte sur l'épaule l'Enfant Jésus, bénissant avec grâce. Il tient cette fois le globe terrestre surmonté de  la croix. Autour du personnage principal se déploie une double couronne de scène symboliques, en haut, huit anges richement vêtus portent divers objets relatifs à son martyre et en bas, les voyageurs figurant avec les principaux instruments de locomotion moderne offrent leurs hommages à leur saint-patron et protecteur. Toutes ces scènes, d'une grande originalité, se détachent sur un ciel d'azur parsemé d'innombrables étoiles d'or.  
 
La voûte de la nef est admirable avec sa décoration dûe à Magne également. Détail naïf et curieux, l'ange organiste touche un instrument minuscule dont il actionne la soufflerie de la main gauche, exactement comme celui de Fra Angelico dans son célèbre Couronnement de la Vierge.
 
L'église est éclairée par 12 grandes rosaces extrêmement originales qui l'inondent d'une agréable lumière d'or. Le médaillon central est orné de symboles emprunté à l'art religieux des Catacombes hautement symbolique. Parmi ceux-ci : le dauphin et le trident. En effet, à l'époque des Catacombes, on ne représentait le mystère de la Rédemption que sous des formes allégoriques, pour dépister les soupçons des païens persécuteurs et aussi éviter de scandaliser les néophytes par des représentations trops vives des souffrances du Christ. On employait ainsi l'image du dauphin sur le trident, le trident c'est la croix légèrement déformée et le poisson c'est bien sûr, le Christ.
 
J'espère vous avoir donné envie de visiter ce beau sanctuaire, témoin de son époque. Il recèle bien d'autres détails surprenants telles les colonnes avec leur base en  patte d'éléphant agrémentée de roses épanouies, avec leur fût cruciforme si délié, avec leur chapiteau aplati et délicatement orné. Les bas côtés de 5 m de large sont fort curieux également. Les six travées sont en effet éclairées par un lanterneau doublé d'un bel ajourage de ciment orné des initiales S.C. et de magnifiques vitraux bleus et violets. Le quartier abritait jadis les usines Citroën, ce qui explique la dédicace de l'église au saint-patron des voyageurs. Ainsi lors de votre visite, vous irez de découvertes en découvertes. 
 
 

mardi 9 juillet 2013

La Gare de Rochefort a 100 ans




 
L'élégante Gare de Rochefort


C'est le 7 septembre 1857 que le train arrive à Rochefort avec la création de la section de ligne Aigrefeuille-Le Thou-Rochefort. C'est la Compagnie du Chemin de Fer de Paris Orléans qui réalise les travaux.

La gare actuelle fut construite par Pierre Esquié en 1913. On lui doit également la gare de La Rochelle-Ville. Située idéalement sur la Place Françoise Dorléac, ainsi nommée en souvenir des Demoiselles de Rochefort, elle présente une façade de  89 mètres. La grande fenêtre en arc de cercle surmontée de l'inscription "Chemins de Fer de l'Etat" ne manque nullement d'élégance avec son horloge. Cette  vaste  fenêtre est  dominée par un dôme carré avec terrasse. Le petit fronton est orné des armes de Rochefort en couleurs. L'imposante marquise ajoute à l'impression de majesté. Les piles des  pavillons de chaque côté sont décorés de mosaïque polychrome et encadrent une large ouverture couronnée de trois baies en plein cintre évoquant l'art  roman. Ces dernières sont surmontées d'une ravissante mosaïque bleue. Une fois sur le quai, c'est une autre audacieuse marquise qui surprend les voyageurs. En effet, celle-ci a la singularité d'épouser la coubure des voies.

Ce bel édifice Art Déco, destination de vacances, au charme fou, vous attend. Il a été classé monument historique le 28 décembre 1984.

vendredi 14 juin 2013

LaFayette rencontre Joseph Bonaparte aux Etats-Unis


 
Joseph I, Roi d'Espagne par José Flaugier 1809.  

 
Point Breeze, demeure (reconstruite) de Joseph Bonaparte à Bordentown, New Jersey.
 
 
Vue sur le Delaware depuis Bordentown Hill
par Charles B. Lawrence.


Joseph Bonaparte, Napoléonide déchu, ancien souverain d'Espagne, s'embarque à Royan dans la nuit du 24 au 25 juillet 1815, non sans avoir auparavant proposé à plusieurs reprises à son illustrissime frère Napoléon I de prendre sa place à bord. Ce dernier refusa avec la grandeur qu'on lui connaît, préférant s'en remettre à la magnanimité de "son plus fidèle et plus constant ennemi" l'Angleterre.

Joseph débarque à New York le 20 août. C'est à Point Breeze (Bordentown, New Jersey) qu'il s'installe, dans une résidence qu'il transforme à grands frais, à tel point d'ailleurs que les chroniqueurs du temps diront que c'est la plus belle qu'on eût vue aux Etats-Unis, après celle du Président Américain à Washington.  Cette demeure brûlera en 1820 et Joseph en reconstruira une seconde sur ses fondations avec un belvédère donnant sur les somptueux couchers de soleil sur le Delaware. Une inscription gravée au fronton de la demeure et tirée de l'Enéide en disait long sur l'état d'esprit du propriétaire : "Non ignora mali, miseris succurere disco" (Ayant souffert moi-même, je sais secourir les malheureux).

LaFayette qui fut l'hôte de la Nation Américaine d'août 1824 à septembre 1825, rendit visite à Joseph, lors de ce voyage triomphal aux Etats-Unis. Il arrive à Point Breeze le 25 septembre 1825, soit neuf jours après la mort de Louis XVIII. Joseph retient LaFayette à dîner et c'est dans son cabinet de travail qu'il aura une conversation particulière avec le Héros des Deux Mondes. LaFayette fit part à Joseph de son regret de la part qu'il avait prise à la restauration des Bourbons et déclara : "Leur dynastie ne peut durer ; elle est trop en désaccord avec notre sentiment national. Tout le monde est à présent persuadé que le fils de l'Empereur serait le meilleur garant des réformes de la Révolution".

A Point Breeze, le "Good Mister Bonaparte" ("bon" par opposition à son frère) menait grand train et reçut des hôtes illustres, comme le futur sixième Président Américain John Quincy Adams. Point Breeze était considéré comme un centre artistique attirant de très nombreux artistes qui venaient admirer les oeuvres d'art et les toiles de grands maîtres que l'ex-Roi d'Espagne avait accumulé par la grâce de son frère (des Raphaël, Véronèse, Corrège, Vinci, Rubens, Titien, Vélasquez, ainsi que des marbres et des vases de porphyre offerts par Bernadotte, devenu Roi de Suède, et qui avait épousé sa belle-soeur).

Par deux fois, Joseph offrit généreusement à Napoléon de le rejoindre dans son exil de
Sainte-Hélène, en 1817 et 1819. L'empereur déchu déclina. Des projets de Joseph pour faire délivrer son frère aucun malheureusement n'aboutit.  Lorsqu'en 1820 des révolutionnaires Mexicains lui offrirent de devenir Empereur du Mexique, celui-ci refusa tout net.

 

vendredi 7 juin 2013

Chatelaillon fête la Conquête de l'Ouest


 
"Westward Course of Empire Takes Its Way" peinture murale du Capitole par
Emanuel Leutze, 1861.

 
"American Progress" représentation de la Conquête de l'Ouest et
illustration du "Manifest Destiny" par John Gast, 1872. 
 
 
Les Indiens Snakes et les Sioux, montés sur leurs poneys, chargent sur
le sentier de la guerre.
 
La municipalité de Chatelaillon conduite par son dynamique maire Monsieur Jean-Louis Léonard que je salue, organise l'été de magnifiques fêtes, avec chaque année un pays différent à l'honneur. Pour 2013, c'est la Conquête de l'Ouest les 28, 29 et 30 juin. Le 28 à 20H30 aura lieu un dîner spectacle "Far West Country" avec revue western par la Compagnie Les Allumettes et menu "Autant en emporte le vent".

Tout a été dit, bien sûr, sur la Conquête de l'Ouest. Je voudrais juste évoquer Chef Joseph, qui conduisit les Indiens Nez Percés au cours de leur dernière lutte contre les Blancs, dans une héroïque retraite de 2500 kilomètres.
Chef Joseph avait gagné l'admiration et l'affection de ses adversaires. Mais, après sa reddition, on ne tint pas les promesses qui lui avaient été faites. Il fut envoyé avec sa tribu en Oklahoma où beaucoup d'Indiens moururent de chaleur et de lassitude. Comme pour Sitting Bull, Buffalo Bill lui obtint un engagement pour son spectacle de cirque, avec de nombreux autres Dakotas ; le vieil Indien parcourut les Etats-Unis et L'Europe . Il prononçait partout des discours appelant à la paix et à la compréhension entre les peuples. Il finit par se lasser  des foules curieuses qui voulaient avoir son autographe et revint à la Réserve. 

Les dernières grandes révoltes d'Indiens étaient éteintes et les trois plus grands Chefs Indiens avaient quitté la scène, mais Sitting Bull et Cheval Fougueux continuent à vivre dans l'imagination des jeunes. Car ils ont donné au mot "Sioux" un attrait inoubliable. Sioux éveille chez les Blancs le souvenir des lassos, des scalps, des cavaliers éperdus arrachant leurs morts et leurs blessés aux champs de bataille. Ce mot garde encore tout son prestige de nos jours. Mais il n'évoque plus seulement les combats sans merci. "Sioux" fait revivre chez les hommes de notre époque, la vie, désormais disparue, des Grandes Plaines et l'esprit chevaleresque du Far West.  

samedi 18 mai 2013

Résurrection de l'Eglise d' Arc-sur-Tille



 
La magnifique Madonne à l'antique d'Arc-sur-Tille


 
Façade néo-classique de l'Eglise d'Arc-sur-Tille

 
Bas-côté gauche, entrée du choeur, rares colonnes à stylobates. 
 

 
Le choeur avec la Cène de Léonard de Vinci.
 
 
En 1989, la fermeture de l'admirable Eglise d'Arc-sur-Tille en Bourgogne est décidée suite à la chute d'une pierre. Dès 1991, l'Association Une Eglise Pour Arc-sur-Tille voit le jour. J'en profite pour saluer son dynamique Président et ami Monsieur André Fanjaud. Depuis grâce aux cotisations, aux dons, au mécénat privé et d'entreprises, au labeur incessant de toute l'équipe et grâce à mon humble participation, l'église renaît.
 
Les travaux viennent donc de commencer à Arc-sur-Tille et c'est avec joie que, naturellement, je m'associe à cet évènement tant attendu. Un village sans église et un peu un corps sans âme, sans vie. L'Histoire de notre Pays s'est écrite dans notre patrimoine et les édifices religieux font partie de notre culture et de notre héritage.
 
Ouverte à tous, croyants ou non, passionnés d'architecture ou d'histoire, les églises témoignent du passé d'un pays, d'un peuple. L'Eglise d'Arc-sur-Tille est exceptionnelle avec son décor à l'antique, ses peintures et le soin apporté à chaque détail.
 
Empreinte d'élégance et de sereine majesté, cette église située à 12 kilomètres de Dijon est en pleine résurrection. La 2ème tranche des travaux permettra de la rouvrir au public. Merci à tous ceux qui nous ont aidés et qui continuent de contribuer à la renaissance d'Arc-sur- Tille. Vous pouvez adresser vos dons, même les plus modestes à :
 
Un jour, je le sais, ici à Rochefort, notre admirable Eglise Saint-Louis, qui est dans le même style que celle d'Arc-sur-Tille (et est orientée nord-sud également)  retrouvera sa splendeur et nous serons encore plus fiers de notre si belle ville ! 

jeudi 18 avril 2013

In Saintonge Where The Churches Are Too Beautiful

 
Abbaye aux Dames de Saintes

 
Basilique Saint-Eutrope à Saintes
 
 
Crypte de Sainte-Eutrope, Saintes.

 
                            
The churches of Saintonge have magnificent portals with the arches divided into three or four voussoirs and covered in innumerable motifs; acanthus leaves, palms, roses, scrolls, cables inspired by Gallo-Roman tradition, embroidery or weaving. The central portal is often flanked by two false bays suggesting the entrance to side-aisles, and the façade has several storeys of decoration, separated by a cornice. The Benedictine Abbaye-aux-Dames in Saintes is the most elegant example of the Romanesque Style in this magnificent city. The Basilica of Saint-Eutrope has a moving crypt housing the tomb of Eutrope, the great Saint of Saintonge.
"I am in a hopeless country", declared Prosper Mérimée in the 19th century. "The churches are too beautiful; they are all of the same plan, all over the same era. One might even say they were all built by the same architect". Saint-Amant-de-Boixe, Puypérous, Bassac, Chadenac, Ruffec... The churches display their classical heritage and have retained enthusiasm for columns and façades of exquisite proportions, with Hispano-Moorish influence, brought back by the Crusaders. This can be can seen in the infinite variations of ornamentation. Sadly, it has been wrecked by.....Read more here:   http://france.knoji.com/in-saintonge-where-the-churches-are-too-beautiful/
Prosper Mérimée, à qui l'on doit la restauration de nombre d'édifices médièvaux avec Viollet-le-Duc disait des églises de Saintonge qu'elles étaient trop belles, il ajoutait même qu'elles semblaient avoir été constuites par le même architecte tant leur plan est semblable tout au long de la même période. Bien sûr, il plaisantait et je vous invite à découvrir leur variété en suivant le lien ci-dessus.

mercredi 10 avril 2013

Civis Romanus Sum



                           Assiette décorative du XIXème siècle avec Washington, LaFayette, Jefferson et  Napoléon I qui fit libérer LaFayette des geôles autrichiennes.

 
LaFayette Monument à Washington

A partir d'octobre 1791, après avoir démissionné de son poste de commandant de la garde nationale, LaFayette se retirait dans son Mount Vernon à lui, au coeur de l'Auvergne, Chavaniac. Le connaissant comme on le connaît, épris de liberté et de justice, il ne devait pas rester longtemps tel un Cincinnatus Auvergnat : la guerre avec l'Autriche allait raviver de glorieux souvenirs de bataille et LaFayette allait prendre le commandement d'une troisième armée forte de 50 000 soldats.
Malheureusement, la débandade était au rendez-vous, même si à 35 ans le Marquis avait encore une juvénilité et une ardeur incroyables. Le Trône de France s'écroula rapidement et quittant Maubeuge en juin, LaFayette rallia Paris pour tenter de sauver la monarchie. La cause était perdue, on connaît le mot de Marie-Antoinette : "Je vois bien que M. de LaFayette veut nous sauver, mais qui nous sauvera de  M. de LaFayette ?"
Mis à l'index comme tous les généraux de l'époque, il fut accusé le 10 août et pour échapper à l'horrible guillotine, il se vit contrait d'émigrer. Avec 21 compagnons d'infortune, sur la route de l'exil, il signe un grandiose mais utopique manifeste dans lequel ils se déclarent ni ennemis ni émigrés, ne voulant nullement se lier aux puissances en conflit avec la France. Un aristocrate rêvant d'une monarchie constitutionnelle et cherchant un territoire neutre, semblait aux Autrichiens aussi dangereux qu'un bataillon de Jacobins. LaFayette fut donc arrêté et emprisonné dès le 20 août, en Prusse puis en Autriche. Il allait demeurer cinq ans dans les geôles autrichiennes.
"Je suis citoyen Américain, officier Américain, écrivait LaFayette le 26 août à Short, ministre des Etats-Unis à La Haye, je ne suis plus au service de la France. En me réclamant, vous êtes dans votre droit et je ne doute pas de votre arrivée immédiate".
Ce cri de désespoir, ce Civis Romanus Sum (Je suis citoyen Romain), beau comme l'antique, ne fonctionnera pas et pendant cinq longues années un doute malheureux va planer entre lui et ses amis Américains. Mais la jeune Nation Américaine n'était pas reconnue des Autrichiens et que pouvait faire l'Amérique contre les vieilles monarchies Européennes ? Et puis LaFayette avait été pris comme Français et non comme Américain. Considéré comme responsable du sort du Roi de France, il allait servir d'otage et sa captivité va devenir de plus en plus cruelle.
Aujourd'hui, où dans un climat un peu malsain, on demande aux élus de déclarer publiquement leurs biens, à la Révolution on était suspect juste pour avoir du linge plus blanc que les autres,  n'oublions pas que nous sommes tous des citoyens et pensons à l'honneur de ceux qui ont fait la grandeur de notre cher Pays et ont combattu pour sa liberté !